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Une vie qui résiste à la guerre

L'histoire de l'objection de conscience et du Bruderhof

par Scott Button

July 3, 2021

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Quand j'avais six ans, notre famille déménagea à une courte distance de mes grands-parents et j'aimais leur rendre visite plusieurs soirs par semaine. Je passais le temps à jouer aux dames avec Opa, mon grand-père, pendant qu'Oma nous préparait une assiette : généralement quelques tranches de la saucisse allemande, dure et fermentée, qui pendait toujours sur le buffet ; avec une tasse de maté, thé sud-américain, pour Opa. Le mélange des cultures me semblait normal, tout comme entendre Opa et Oma passer de l'espagnol à l'allemand lorsqu'ils avaient à se dire des choses qui ne regardaient qu'eux. Année après année, nous sommes passés aux échecs, puis à divers jeux de cartes, et en sommes arrivés à nous contenter de converser. Opa n'aimait pas parler de lui, et encore moins de son passé, mais quand sortaient enfin les histoires, elles étaient captivantes. Avec le temps, j'ai commencé à reconstituer le parcours par lequel il avait acquis des goûts culturels si divers. J'ai appris que les méandres de son parcours étaient en grande partie le résultat d'une opposition résolue à la violence sous toutes ses formes. Opa était lui-même un ardent objecteur de conscience. Mais la résistance à la guerre avait façonné sa vie dès le berceau.

Jakob Gneiting est né en Allemagne en 1933, au Bruderhof, communauté chrétienne intentionnelle dans une ferme des montagnes de la Rhön. Son père, Alfred, avait grandi dans une famille socialiste. Malgré le mépris des églises établies à l'égard des inégalités sociales, Alfred se sentait attiré par le christianisme. En 1924, un ami l'encouragea à visiter la communauté de Bruderhof, fondée quatre ans plus tôt, dans l'intention de vivre au quotidien les implications pratiques du Sermon sur la montagne prononcé par Jésus. Alfred se sentit inspiré par la vision de la communauté, mais pas prêt à s'engager. Après plusieurs années d'allers et retours et une patiente conversation avec le fondateur de Bruderhof, Eberhard Arnold, Alfred a finalement décidé de rejoindre la communauté. Peu de temps après, Gretel Knott répondit à une petite annonce, visant à l’embauche d’une institutrice pour enseigner les élèves de maternelles au sein de la communauté. Inspirée également par le témoignage de Bruderhof, il ne lui fallut que quelques années pour rejoindre la communauté. Alfred et Gretel se marièrent en 1931. Jakob fut le premier de leurs sept enfants.

The Gneiting family at the Alm Bruderhof, Liechtenstein, 1936

Jakob, à gauche, avec ses parents et frères et sœurs sur l'Alm Bruderhof, Liechtenstein, 1936. Toutes photos tirées de la Brethren Historical Library and Archives.

Dès sa création,1 le Bruderhof s'était engagé à s'opposer en conscience à toute participation à la violence et à la guerre.  Le Bruderhof a participé à de nombreuses conférences de paix qui se sont tenues sous les auspices de l'International Fellowship of Reconciliation. Au fil du temps, les membres ont cherché à se rapprocher d'autres personnes ayant les mêmes convictions : Quakers en Grande-Bretagne, Mennonites néerlandais, Dietrich Bonhoeffer2 entre autres.  Eberhard Arnold avait étudié les premiers anabaptistes des premiers temps. Le pacifisme et communautarisme des huttérites du XVIe siècle dans le Tyrol exercèrent une influence particulière sur le Bruderhof. Comme ces premiers anabaptistes, les Bruderhof se retrouvèrent bientôt dans une Europe sans cesse convulsée par la guerre.

En 1933, le Bruderhof et le IIIe Reich étaient déjà en conflit. Néanmoins, le Bruderhof a continué à démontrer la nature du royaume à venir de Dieu. À la fin de cette année-là, des membres de la communauté écrivirent à divers fonctionnaires du gouvernement pour leur demander de tenir compte de leur position pacifiste. Au président du Reich, Paul von Hindenburg, ils écrivent : « Notre fraternité sollicite de servir le Reich allemand et son gouvernement dans des œuvres d'amour. Nous sommes une communauté chrétienne allemande traditionnelle, et voulons suivre le fidèle exemple des frères huttériens pendant quatre cents ans, eux qui apportèrent leur contribution sans prendre part à des actions militaires, politiques ou judiciaires ». Les membres de la communauté participèrent tous à la rédaction de cette lettre. « Ce qui me rend particulièrement heureux », déclara Alfred à propos du texte, « c'est que les deux fonctions ont été différenciées si clairement : la mission de l'église et celle l'État. C'est un puissant témoignage »3

Réfugiés Pacifistes

Alors que le parti nazi consolidait son pouvoir en Allemagne, le fossé entre la communauté et le gouvernement se creusa.4 IEn 1934, après avoir refusé d'admettre un enseignant nazi dans son école, le Bruderhof ouvrit un deuxième site en dehors de l'Allemagne, l'Alm Bruderhof au Liechtenstein, et y envoya tous les enfants d'âge scolaire. En février 1935, lors d'une tournée de démarchage, Alfred entendit des rumeurs d'une imminente conscription militaire. Conscient que les nazis ne respecteraient probablement pas ses convictions, le Bruderhof décida d'envoyer également au Liechtenstein les vingt-quatre hommes en âge de faire leur service militaire. En douce, les membres ont commencé à rassembler des bicyclettes et obtenir des passeports (tâche délicate). L'annonce officielle fut diffusée le 16 mars 1935. Alfred et les autres se mirent en route cette nuit-là. Ils rejoignirent l'Alm Bruderhof à bicyclette et en train. Épouses et enfants (Jakob n'avait pas encore deux ans) les rejoignirent le 3 avril.

L'asile au Liechtenstein ne fut que temporaire, cependant. Vu la taille et la situation géographique de ce petit pays, le Premier ministre Josef Hoop informa le Bruderhof que le gouvernement ne serait pas en mesure de protéger les citoyens allemands pendant longtemps. Le Bruderhof chercha un autre refuge, et fonda finalement une coopérative agricole à Ashton Keynes, en Angleterre. Alfred fut l'un des premiers membres dépêchés pour lancer cette nouvelle entreprise, le Cotswold Bruderhof, au début de l'année 1936 ; Gretel et les enfants suivirent quelques mois plus tard. En janvier, l'Allemagne déclara la conscription des citoyens vivant à l'étranger, et l'ambassade allemande lança un appel au Liechtenstein pour obtenir des informations sur le statut des hommes du Bruderhof. Cependant, le 3 octobre, le Premier ministre Hoop put informer l'ambassade allemande qu'il n'y avait plus d'hommes allemands mobilisables à l'Alm Bruderhof ; ils s'étaient tous enfuis vers l'Angleterre. À la fin de l'année 1937, tous les membres de la communauté s'étaient installés dans les Cotswold Bruderhof.

L'accueil que leur fit l'Angleterre fut franchement mitigé. Le Bruderhof était en contact avec de nombreux membres du mouvement pacifiste de l'entre-deux-guerres, par l'intermédiaire d'organisations telles que le Peace Pledge Union (Union des promesses de paix). Toutefois, dès qu'éclata la Seconde Guerre mondiale et que se répandit le sentiment anti-allemand, les voisins des Cotswold Bruderhof inventèrent de toute pièce des récits hallucinants sur les activités de ces nouveaux émigrés allemands – construction d'un sous-marin dans leur gravière, empoisonnement de la Tamise – et s'exprimèrent contre eux à plusieurs reprises dans les journaux locaux. La position pacifiste du Bruderhof exacerba cette xénophobie. Lorsque la Grande-Bretagne instaura en 1939 la formation militaire obligatoire pour les jeunes gens, le Bruderhof publia une déclaration dans son magazine, The Plough, selon laquelle « en aucun cas, un membre de nos communautés ne se joindra aux forces combattantes ou n'effectuera une quelconque forme de service militaire ».  En fin de compte, tous les appelés membres du Bruderhof bénéficièrent d’exemptions inconditionnelles (remarquable, quand on sait que le gouvernement britannique n'accorda que 2 900 exemptions de ce type pendant la guerre).

Cette position ne manquait pas de provoquer, et d'être mal comprise : beaucoup en Angleterre associaient le pacifisme à la politique d'apaisement de Neville Chamberlain, ou même à un soutien tacite au nazisme. Néanmoins, les membres du Bruderhof s'efforcèrent de « consacrer toutes nos ressources à la poursuite non pas de la guerre mais de la paix et de la fraternité entre les hommes, ce qui nous semble être la meilleure expression de gratitude que nous puissions donner à ce pays  ». Cela se concrétisas de diverses manières : accueil d'enfants juifs réfugiés, publication de Plough, et maximisation de la production agricole au profit de leurs voisins.

« En aucun cas, un membre de nos communautés ne rejoindra les forces combat-tantes ou n’effectuera une autre forme de service militaire. » The Plough, 1939

La position du Bruderhof sur l'objection de conscience le contraignit finalement à quitter l'Angleterre. Des lettres adressées aux journaux locaux déplorèrent l'adhésion de « Britanniques assez lâches » pour rejoindre cette communauté, et un boycott réduisit considérablement ses revenus. Ces voix dans la presse locale et nationale, et finalement au Parlement, se firent trop fortes pour être ignorées ; le Bruderhof réalisa que le gouvernement ne pourrait plus lui accorder sa protection bien longtemps. Les membres allemands vivaient également sous la menace d'être internés au titre de ressortissants ennemis. Cette situation était intenable, car la communauté estimait qu’il en allait de leur foi de rester ensemble.

C'est pourquoi elle se mit à chercher frénétiquement un autre refuge. Les premières ouvertures au Canada furent rejetées, ainsi que celles à d'autres pays du Commonwealth : Australie, Afrique du Sud et Jamaïque. En août 1940, deux membres, l'avocat britannique Guy Johnson et l'ingénieur suisse Hans Meier, tentèrent d'obtenir l'immigration par mission aux États-Unis. Avec l'aide d'une organisation de secours mennonite, ils parvinrent à rencontrer le Département d'État et même la Première Dame, Eleanor Roosevelt. Cependant, comme n'existait aucune disposition relative à l'immigration de groupe et que l'engagement en faveur de l'objection de conscience constituait une base juridique suffisante pour refuser l'immigration, ces efforts s'avérèrent infructueux.

La relation avec les mennonites, cependant, ouvrit une voie d'avenir. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le gouvernement du Paraguay, dont la population avait été réduite par les guerres précédentes, avait accordé à un groupe de mennonites canadiens une exemption générale du service militaire ; en 1940, avec l'afflux de mennonites fuyant la Russie, ces derniers avaient pris pied de manière significative dans le pays. Pendant que Johnson et Meier étaient aux États-Unis, un représentant mennonite organisa une rencontre avec l'ambassadeur paraguayen aux États-Unis. Cela déboucha sur l'obtention de l'assurance que le Bruderhof serait accueilli dans des conditions similaires. Lorsque la communauté en Angleterre apprit que c'était probablement sa seule option, de nombreux membres éprouvèrent de fortes appréhensions : la vie dans une jungle reculée n'avait guère à voir avec ce qu'ils s’étaient imaginé lorsqu'ils avaient décidé de devenir une force de paix dans la société. Néanmoins, ils restaient déterminés à vivre leur foi comme une seule et même église. En novembre, Jakob et sa famille firent partie du premier de plusieurs groupes en direction de leur nouvelle maison.

Construire une alternative

Libéré de la menace de la conscription, le Bruderhof pouvait se concentrer entièrement sur son inspiration initiale : construire une communauté au service de ses voisins. Le premier projet fut un hôpital. Au cours des deux prochaines décennies, il fournit une large gamme de services, allant des soins de maternité à la chirurgie, au bénéfice de dizaines de milliers de Paraguayens. Dans le même temps, les agriculteurs expérimentés de la communauté mirent en pratique leurs compétences dans leur nouvel environnement ; l'un des projets aboutis fut l'élevage de vaches hybrides zébu-frison, capables de produire du lait malgré les rigueurs du climat. En 1946, consciente de ses propres difficultés historiques, la communauté lança un programme destiné à offrir refuge aux orphelins de guerre allemands. Les premières évaluations ayant été positives, la communauté créa un campement distinct destiné à accueillir et à éduquer soixante enfants. Finalement, le projet fut sabordé par les autorités allemandes. À la place, la communauté utilisa les installations (et les domiciles de bon nombre de ses membres) pour fournir un hébergement à près de deux fois plus d'Européens déplacés par la guerre.

Vivre en pacifistes engagés dans une société ressemblant au Far West exigea souvent de la créativité. Les jeunes hommes se relayaient pour veiller la nuit, parcourant l'enceinte une lanterne à la main. Outre d'alimenter les feux et de réveiller l'équipe de traite, le gardien devait faire fuir les animaux sauvages et les voleurs occasionnels. Un membre reçut une balle dans la jambe lorsqu'il alluma une lampe après avoir entendu des voleurs à l'extérieur.

Le gouvernement offrait peu de protection, en raison de sa propre instabilité. Au début d'une des fréquentes révolutions, Jakob se retrouva à Asunción, la capitale. La maison Bruderhof de la ville se trouvait près de l'Académie navale et du poste de police municipale. Une nuit, des coups de feu réveillèrent la maisonnée alors que le commandant de la marine conduisait une manifestation contre la police. Lorsque Jakob s'aventura à sortir le lendemain matin, la façade du commissariat était tellement criblée de trous de balles qu'il n'y restait que peu de peinture.

Plusieurs révolutions de ce type éclatèrent durant le séjour du Bruderhof au Paraguay. Il n'était pas rare que les deux parties réquisitionnent le bétail de la communauté, tant chevaux que bétail, parfois avec la promesse de payer plus tard. Le responsable du bétail communautaire était souvent envoyé pour tenter de récupérer les biens – sans violence, bien sûr. Lorsque le commandant local était un voisin, une bouteille de caña, offerte au bon moment, était parfois efficace. (Une fois, le commandant les remercia en offrant une portion de viande de bœuf qu'il était en train de faire cuire – morceau d'une bête qu'il avait récemment prélevé sur troupeau de Bruderhof). Une autre fois, un commandant accepta de rendre plusieurs chevaux, mais sans leurs précieux harnais. Les membres du Bruderhof retrouvèrent les harnais (bien reconnaissables) dans un hangar de stockage. Ils en harnachèrent leurs chevaux et remercièrent le commandant (devant ses invités) pour tant de générosité. Ils s'enfuirent ensuite sans attendre que le commandant trouve le moyen de les retenir sans perdre la face.

Malgré son éloignement, la communauté recevait un flux régulier de visiteurs. Fidèle à son engagement de vivre une vie qui transcende les clivages politiques et économiques, elle accueillait des invités de tous bords : des réfugiés juifs, de riches quakers de Philadelphie et deux frères de Rhodésie pendant leur le tour du monde à vélo. Jakob passa l'été 1955 en collocation avec Frederic Pryor, un étudiant d'Oberlin en visite. Par la suite, Pryor fut emprisonné en Allemagne de l'Est et libéré en même temps que le pilote américain de U-2 Francis Gary Powers (dont l'avion avait été abattu), en échange d'un agent du KGB, Cette histoire fait l'objet du film de Steven Spielberg, Bridge of Spies (2015). Une famille belge arriva avec sa servante Juliana Alonzo, une Paraguayenne d'origine indigène Guarani. 

Beaucoup de ces visiteurs, dont Juliana, décidèrent de rejoindre la communauté. Adultes, Jakob et beaucoup de ses pairs s’engagèrent à leur tour. (Au Bruderhof, seuls les adultes peuvent devenir membres à part entière, sur la base d'une libre décision individuelle). Lors d'une sortie de groupe de jeunes pendant la saison froide au Paraguay, la nature chaleureuse de Juliana attira l'attention de Jakob lorsqu'elle fit cadeau de son seul manteau à une jeune femme qui frissonnait. Une amitié se développa entre eux, et ils se marièrent en 1957.

a Bruderhof family, 1960

Jakob et Juliana, avec deux de leurs enfants, 1960

En 1953, Bob et Shirley Wagoner, un couple de l'Église des Frères, l'une des églises historiques de la paix, avaient séjourné pendant six mois dans la communauté du Paraguay. Bob, étudiant en théologie, déplorait qu'environ 80 % des jeunes gens de l'Église des Frères aient rejoint l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale. Il espérait qu'un nouvel engagement en faveur de la non-violence redonnerait de la vigueur à la confession américaine. Les lettres des Wagoners à la maison (publiées plus tard sous le titre Community in Paraguay), firent connaître le Bruderhof aux États-Unis et contribuèrent à l'augmentation du nombre de visiteurs américains au Paraguay.8

Nombre d'entre eux étaient des objecteurs de conscience. En 1955, Milton Zimmerman, un jeune médecin quaker de Philadelphie, fut le premier à obtenir l'autorisation de travailler à l'hôpital Bruderhof comme alternative au service militaire.

Le Bruderhof avait également ouvert son premier site américain, Woodcrest, en 1954, et de nombreux jeunes américains qui avaient été objecteurs de conscience lors de la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée trouvèrent un accueil dans la communauté. Cet afflux de personnes enthousiastes et inspirées par des idées nouvelles revigora la vie de Bruderhof. Au cours des huit années suivantes, la communauté déménagea aux États-Unis (et d'autres furent rétablies en Angleterre et dans l'Allemagne d'après-guerre). Jakob et Juliana s'installèrent aux États-Unis en 1961.

La tradition américaine de liberté de conscience
 

L'hébergement des objecteurs de conscience posa problème dès le début de l'expérience américaine. Mon grand-père, qui a immigré trois fois et s'est finalement retrouvé aux États-Unis, serait le premier à reconnaître avec reconnaissance la liberté de conscience garantie dans ce pays. J'ai souvent pensé à son histoire lors d'un séminaire de la faculté de Droit sur les origines de la Déclaration des droits. Ces protections n'étaient pas inévitables, et doivent encore être défendues aujourd'hui.

Dès les années 1670, plusieurs colonies américaines accordèrent des exemptions aux Quakers cherchant à éviter le service dans la milice.9 Sur les treize colonies, onze avaient des Constitutions comprenant une forme de Déclaration des droits, et comprenaient une certaine protection du droit de conscience. Ces exemptions se poursuivirent tout au long de la guerre d'Indépendance. En 1789, George Washington, qui avait commandé l'armée continentale, écrivit à un groupe de Quakers qui avaient exprimé le désir d'être exemptés de toute participation à la guerre : « Je vous assure très explicitement qu'à mon avis, les scrupules de conscience de tous les hommes doivent être traités avec beaucoup de délicatesse et de tendresse, et je souhaite et désire que les lois leur soient toujours aussi largement accommodantes, comme le justifie et le permet le respect de la protection et des intérêts essentiels de la nation. »

Mais en même temps, de forts désaccords philosophiques se faisaient jour parmi les fondateurs au sujet des droits de conscience. John Locke, le philosophe anglais le plus influent quant aux opinions des fondateurs, était convaincu que le gouvernement aurait la sagesse d'éviter d'imposer des contraintes à la conscience individuelle. Bien que Locke ait préconisé que les gens suivent leur conscience, il présumait qu'ils seraient soumis aux sanctions prévues par la loi (l'objection de conscience au service militaire n'était qu'une des nombreuses expressions du droit de conscience, un grand enjeu à l'époque). Parmi les fondateurs, Jefferson soutenait cette position, et plaidait pour la protection des croyances, mais pas nécessairement pour les actes découlant de ces croyances. Madison, quant à lui, adopta le point de vue plus général selon lequel la conscience individuelle était « la plus sacrée de toutes les propriétés » et devait bénéficier d'une grande marge de manœuvre. Bien que la proposition initiale de Madison visant à protéger « la pleine et égale protection de la conscience » dans le cadre du premier amendement fit l'objet d'un compromis, c'est la vision de Madison qui guida en substance la protection de la religion prévue par le premier amendement, qui s'étendit progressivement à d'autres nations.

« À mon avis, les scrupules de conscience de tous les hommes doivent être traités avec beaucoup de délicatesse et tendresse. »
—George Washington, 1789

Le Congrès avait prévu une protection explicite de l'objection de conscience depuis la promulgation du premier projet fédéral en 1864. L'Union et la Confédération ont toutes deux exempté de service militaire les membres de certaines confessions. Pendant la Première Guerre mondiale, cette protection ne s'appliquait qu'aux membres des églises de paix établies, comme l'Église des Frères, des Quakers et des mennonites, et exigeait toujours l'incorporation dans les forces armées, mais sans avoir à combattre. Ceux qui refusaient étaient soumis à l'emprisonnement militaire et risquaient d'autres mauvais traitements.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on mit beaucoup plus l'accent sur les croyances individuelles que sur l'association confessionnelle pour déterminer le statut d'objecteur de conscience. Ces hommes ont été affectés à des « travaux d'importance nationale » non rémunérés dans les camps du Service public civil (SPC), qui étaient sous la responsabilité du Service sélectif et en dehors de la chaîne de commandement de l'armée. L'accent mis sur les croyances individuelles pour déterminer le sort des objecteurs de conscience s'accrut pendant la période de la guerre du Vietnam. En 1965, la Cour suprême, dans son analyse sans doute la plus approfondie de ce qui constitue la « religion », élargit le statut pour protéger toute personne témoignant d’« une croyance sincère et significative occupant dans sa vie une place parallèle à celle de la croyance orthodoxe en Dieu » .  Cette disposition fut ensuite élargie pour englober toutes les objections catégoriques à la guerre, même si elles sont purement morales plutôt que religieuses.

Conscientious objectors working in a Civilian Public Service camp, Waldport, Oregon.

Des objecteurs de conscience effectuent un « travail d'importance nationale » pendant la Seconde Guerre mondiale dans un camp de la fonction publique civile, à Waldport, dans l'Oregon.

Bien que les États-Unis aient entretenu une armée entièrement composée de volontaires depuis 1972, des appels récurrents furent lancés en faveur du retour de la conscription militaire. Les partisans de ce projet firent valoir qu'il permettrait de répartir plus équitablement les risques de guerre et qu'une conception plus large du service national renforcerait l'unité du pays. Une commission nationale bipartite, formée en 2016 pour répondre à ces préoccupations, publia son rapport final au début de l'année 2020. Elle approuva le maintien du projet de recensement obligatoire, élargi aux femmes, tout en conservant un service militaire entièrement bénévole.

Reconnaissant le besoin d'opportunités de service positif en dehors de l'armée, le rapport recommanda de maintenir la protection des objecteurs de conscience, et par ailleurs, de conserver l’année de service militaire, car il offrait « des opportunités si nombreuses et diverses que le service devint un rite de passage pour des millions de jeunes adultes ».  Il propose notamment de décupler les possibilités de service national financé par le gouvernement fédéral en dehors de l'armée. Actuellement, moins de 85 000 postes de ce type sont offerts aux jeunes, soit moins de 4 % du nombre de militaires en service actif et de réserve. Et la commission appela à améliorer les incitations à ces programmes, telles que les allocations de subsistance et les prestations éducatives ; celles-ci étaient actuellement très en retard par rapport à celles offertes dans l'armée et mettaient ces programmes (tels que le Peace Corps et l'Ameri-Corps) hors de la portée de nombreux jeunes. Ces changements contribueraient grandement à l'établissement d'une saine culture de service national altruiste.

Toutefois, même si les possibilités de service national se développent, il faudra encore assurer une solide protection contre l'objection de conscience. Les controverses sur le droit à ne pas tuer ne se limitent plus aux forces armées. Par exemple, ils touchent de plus en plus les professions de santé : des pharmacies firent l'objet d'une enquête réglementaire pour avoir prétendument violé les normes professionnelles et les principes de non-discrimination lorsque leurs propriétaires avaient refusé de fournir des médicaments susceptibles d'être des abortifs;  des auteurs de revues médicales évaluées par des pairs ont plaidé en faveur de règles obligeant les médecins à pratiquer l'euthanasie dans l'intérêt de l'autonomie individuelle.

Objecteurs à la guerre du Vietnam

Le Bruderhof américain que Jakob et les autres immigrants du Paraguay trouvèrent à leur arrivée avait également été marqué par l'objection de conscience. De nombreux anciens des camps de la fonction publique civile ne ressentaient pas le sentiment de camaraderie et de partage qu'ils avaient trouvé là-bas, et ils rejoignirent ou fondèrent des communautés intentionnelles ; un certain nombre d'entre eux (dont le grand-père de ma femme) finirent par rejoindre le Bruderhof. La communauté se lia également d'amitié avec un large éventail de militants de la paix, de Dorothy Day à Eleanor Roosevelt.

Lorsque des jeunes hommes émigrèrent du Paraguay ou atteignirent leur majorité aux États-Unis, ils furent eux aussi soumis au recrutement. Les anciens du CPS furent ravis d'encadrer cette nouvelle génération d'objecteurs de conscience, en leur donnant des conseils pratiques et en leur racontant des histoires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, désireux de travailler à une œuvre positive et de démontrer leur conviction en mettant en danger jusqu’à leur propre vie, beaucoup s'étaient portés volontaires pour les missions les plus dangereuses. L'un des nouveaux compatriotes de Jakob s'était porté volontaire pour une unité de pompiers-parachutistes, mais avait été débouté parce qu'il dépassait de cinq kilos la limite de poids. Il se porta alors volontaire pour servir de cobaye médical. Deux docteurs de l'armée lui injectèrent une hépatite dans le cadre d'une étude sur la transmission et les traitements potentiels de la maladie. D'autres avaient servi de sujets de recherche lors de tests les exposant aux premiers vaccins contre la grippe. Ils reçurent d'abord le vaccin à l'essai, puis une dose du virus lui-même.

« Nos vies sont déjà mobilisées pour servir un autre Royaume. C’est notre tâche, notre première et unique loyauté. »
—Déclaration de Bruderhof, 1958

Les conseils et encouragements des objecteurs les plus âgés furent précieux, en particulier pour les premiers objecteurs de conscience du Paraguay. 
Dès que quelqu'un était appelé, un comité de sélection local déterminait dans un premier temps s'il était sincère dans son objection de conscience. Les commissions avaient également droit de veto sur le service alternatif qu'un objecteur acceptait d'effectuer. (À cette époque, plutôt que faire partie d’un groupe de travail dans les camps du CPS, la plupart des objecteurs se voyaient attribuer des tâches individuelles au sein d’organisations à but non lucratif certifiées « d'intérêt national »). Les commissions de sélection étaient composées de volontaires locaux qui n'avaient généralement que peu de sympathie pour les objecteurs de conscience et disposaient d'un quota d'hommes à envoyer à l'Armée. Pour les Allemands venant d'un pays hispanophone, l'anglais n’était que leur deuxième, voire troisième langue : peu propice à présenter des arguments nuancés sur leur conviction personnelle.

La classification d’objecteur de conscience n'était pas non plus définitive. Par exemple, lorsqu'un jeune homme obtenait, en appel, le statut d'objecteur de conscience et qu'il fréquentait ensuite l'université, le service de sélection changeait automatiquement son statut en celui d'étudiant. À la fin de ses études, il était rapidement reclassé comme éligible à la conscription, ce qui nécessita un autre recours (qui aboutit).

Young men work inn Plough’s printshop, 1967

Les jeunes hommes remplissent leurs obligations de services alternatifs en travaillant dans l'imprimerie de Plough, 1967 environ.

Pendant tout ce temps, le Bruderhof affirma toujours sans ambiguïté son but premier : vivre au quotidien les directives du Sermon sur la montagne. Bien que les membres de la communauté aient été unanimes à dire qu'ils ne serviraient pas dans l'Armée, même comme non-combattants, ils s'interrogeaient sur les alternatives au service militaire compatibles avec leurs croyances. En examinant cette question lors d'une réunion des membres en 1958, le groupe de Woodcrest afficha clairement ses priorités : « Nous reconnaissons que nous avons déjà le principe élémentaire qui permet d'évaluer chaque situation de relation avec le gouvernement. . . Nos vies ont déjà été mobilisées pour servir dans un autre Royaume. C'est notre mission, notre première et unique loyauté. Nous ne pouvons tenir compte d'aucun appel ou ordre qui nous éloignerait de cette tâche ».

Finalement, la communauté décida d'explorer un service alternatif sponsorisé par Bruderhof, afin que ses jeunes membres puissent remplir leurs deux obligations en même temps. L'hôpital du Bruderhof au Paraguay avait déjà été approuvé, et certains membres de Bruderhof y effectuèrent donc un service alternatif, jusqu'à sa fermeture en 1960. Suivant l'exemple des vétérans du camp du CPS en recherchant un service démontrant que leur opposition à la guerre n'était pas motivée par la lâcheté, le Bruderhof s'est également joint aux discussions sur la formation d'une mission de maintien de la paix non violente en Afrique du Nord, sous la direction d'André Trocmé et du Mouvement international de la réconciliation, en coopération avec le Comité central mennonite et le Comité du service des Frères. (Finalement, aucun des groupes américains ne vit aboutir le projet). Bientôt, le Bruderhof fit approuver comme « d'intérêt national » des activités moins audacieuses, notamment l'enseignement dans les écoles élémentaires du Bruderhof.

young men working in a furniture factory

Jakob, deuxième à partir de la droite, travaille dans l'usine de meubles Bruderhof en Pennsylvanie, vers 1965.

Jakob was never called up, so was never officially required to perform alternative service. Still, like the rest of the community, he worked to live out an alternative to war. This took many forms. Beyond the community, it included years on the local volunteer fire department squad, regular visits to the jail, and working at the food bank the community operated. Within the community, it meant being among the first at the community’s workshop each morning (a habit he still maintains at age eighty-seven) while also serving the community as a pastor. For my grandmother, the most generous and loving person I know, it meant caring for her neighbors through small but practical acts of love; her well-tuned sense of the right gift at the right moment became legendary. Even while raising eight children of their own, their house was always open to visitors. It still is – not just to grandchildren, but also to young men and women seeking their own calling in life. 

Les stages chez Plough ont également été approuvés par le Service sélectif après une rigoureuse série d'examens, confirmant qu'était bien d'intérêt national la mission de Plough : « appeler les hommes à se tourner vers Dieu au milieu de cette si difficile situation mondiale »

Au-delà de la résistance à la guerre

Ces dernières années, le Bruderhof a créé de nouvelles communautés dans deux pays où la conscription militaire est encore en vigueur : la Corée du Sud et l'Autriche. Les jeunes hommes du Bruderhof y seront donc à nouveau soumis au service militaire. Toutefois, les similitudes entre ces pays s'arrêtent là, car leurs règlements militaires ne pourraient pas être plus différents dans leur application.

La Corée du Sud a une longue tradition de service militaire pour tous les citoyens masculins – ce qui n'est pas surprenant, étant donné qu'elle est officiellement en guerre avec la Corée du Nord. Le service militaire est un rite de passage culturel, et toute tentative de l'éviter est fortement stigmatisée, ce qui pourrait ruiner les perspectives de carrière de qui s'y risquerait. Jusqu'à récemment, les rares personnes qui refusaient le service militaire pour des raisons religieuses risquaient de longues peines de prison, suivies d'une vie entière avec le handicap d’un casier judiciaire. En 2018, cependant, la Cour constitutionnelle coréenne décida que le pays devait prendre des dispositions quant aux objecteurs de conscience. À la fin de l'année dernière, un groupe de soixante-quatre objecteurs a entamé le premier service alternatif légalement reconnu en dehors de la chaîne de commandement militaire : trois ans de travail dans un établissement pénitentiaire, principalement comme cuisiniers et concierges. De nombreux militants sont soulagés que, malgré la nature punitive de ce travail, ils aient la possibilité de servir leur pays sans violer leur conscience.

En Autriche également, tout citoyen masculin est soumis au service militaire obligatoire. Cependant, il existe un droit automatique d'opter pour un service civil d'intérêt général à la place. Une grande majorité d'entre eux choisissent cette voie, en consacrant une année à la prise en charge des personnes âgées ou à des travaux de protection de l'environnement. Grâce à ces options, il n'est pas nécessaire de prévoir des dispositions spéciales pour protéger les objecteurs de conscience.

Le service national universel de l'Autriche suggère le potentiel inexploité de telles possibilités aux États-Unis et dans d'autres pays. Et l'application équitable de la conscription à l'ensemble de la société, tant en Autriche qu'en Corée du Sud, met en évidence l'inégalité économique du service militaire aux États-Unis. Le passage à une armée entièrement bénévole n'a fait qu'accélérer une tendance bien connue : la représentation massive des pauvres parmi les militaires (et les pertes qui en résultent). En commençant par une quasi-égalité pendant la Seconde Guerre mondiale, chaque grand conflit a vu s'accroître le fossé entre le revenu moyen des communautés pénalisées par un nombre élevé de victimes de guerre et celui des communautés en ayant moins à déplorer.

Pour nombre de mes camarades de lycée, la ville qui a incarné l’iconographie du 11 septembre 2001, New York, est aussi exotique que Bagdad ou Kandahar.

Peu après le 11 septembre 2001, j'ai fréquenté un lycée dans une de ces zones à faibles revenus et j'ai facilement compris pourquoi persiste cette inégalité. Nous vivions dans un comté pauvre du sud-ouest de la Pennsylvanie, et mes camarades de classe s'accordaient à dire que la seule façon d’aller de l’avant c’était d'en partir. En l'absence de talents particuliers ou d'un milieu favorisé, une voie évidente en ce sens était l'armée. Elle était ancrée dans la culture – la bande sonore du bus scolaire était composée d'hymnes nationaux militaristes tels que « God Bless the U.S.A. » (2003) de Lee Greenwood et « American Soldier » de Toby Keith – et renforcée par des publicités à la télévision scolaire et lors d'événements au lycée. Les recruteurs étaient régulièrement sur le campus et ils connaissaient déjà vos antécédents – si toutefois vous n'aviez pas exercé votre droit de retrait, enterré dans un texte écrit en tout petit à la page 33 du Manuel de l'Étudiant, avec l'option « refus des châtiments corporels ».

a grandfather and grandson

Jakob avec un de ses petits-enfants, 1990.

Ironiquement, pour beaucoup de mes camarades de lycée, la ville de New York a incarné l'iconographie du 11 septembre, mais elle était pour eux aussi exotique que Bagdad ou Kandahar. Et contrairement aux conscrits de Corée du Sud ou d'Israël, l'intérêt national qu'on leur demandait de défendre était très éloigné de leur vie quotidienne. Pourtant, qu'ils rêvent de voyager à travers le monde ou de suivre une formation avancée, pour beaucoup de mes pairs, leur plan B c’était bien l'armée.

Dans le contexte de l'après-11 septembre, un retour à la conscription semblait possible. Cela m'a donné à réfléchir – je n'avais pas une foi inébranlable, mais la bravoure et le prestige vantés par les campagnes publicitaires militaires m'inspiraient le même scepticisme. C'est en passant du temps avec Opa que j'ai compris qu'il ne suffit pas de s'opposer à la guerre : il faut trouver une cause positive pour avancer. Ce n'était pas tant ses paroles que son exemple. Il entretenait une correspondance active avec des communautés du monde entier. En même temps, il était profondément investi dans sa communauté locale. Si ses jours de pompier étaient loin derrière lui, il n'en redoublait pas moins d'efforts en matière de pastorale et de charité. Et Oma, avec les discrètes attentions qu'elle prodiguait tant à l'invité inattendu qu'aux connaissances en difficulté éloignées de nous de plusieurs fuseaux horaires, incarnait une version différente du même engagement. Avec le temps, j'en suis venu à partager leur tranquille conviction : œuvrer à l’avènement du Royaume de Dieu est une vocation plus élevée – et servir son prochain et l'humanité vaut mieux que toute forme de patriotisme.
Notre société continuera à se heurter à des questions d'objection de conscience, et elle ferait bien de tirer les leçons de son histoire. Pendant la guerre de l'Indépendance américaine, dans son décret sur la conscription, le Congrès continental en appela à une compréhension charitable du but commun, plutôt qu'à des injonctions trop violentes :

Comme certaines personnes, par principe religieux, ne peuvent de toute façon pas porter d'armes, ce Congrès n'entend pas faire violence à leur conscience, mais leur recommande sincèrement, en cette période de calamité universelle, d'apporter  libéralement leur contribution au soulagement de leurs frères en détresse dans les différentes colonies, et rendre tout autre service à leur pays opprimé, ce qu'ils peuvent faire en accord avec leurs principes religieux.

Ceux d'entre nous qui refusent de tuer feraient bien de tirer les leçons de leur propre histoire et de répondre dans le même esprit que leurs ancêtres à cet appel au soulagement des personnes en détresse.
Quand je m'assois à présent avec Opa, ses histoires sont encore moins nombreuses, mais il conserve sa verve et sa conviction. Notre conversation est souvent plongée dans un silence profond, empreint de sagesse, dans la confiance tranquille d'une vie bien vécue, au service des autres. Et je suis convaincu, plus que jamais, de suivre l'exemple d'Opa qui vit, selon les mots du fondateur quaker George Fox, « au nom de cette vie et de puissance, celles qui ont supprimé le motif de toutes les guerres ».


Traduit de l'anglais par Dominique Macabie.

Note

  1. Voir dans ce numéro Stanley Hauerwas, « Militant pour la paix » et Eberhard Arnold, « Au-delà du pacifisme ».
  2. Ian Randall, A Christian Peace Experiment: The Bruderhof Community in Britain, 1933–1942 (Cascade Books, 2018), 18–37.
  3. Emmy Barth, An Embassy Besieged: The Story of a Christian Community in Nazi Germany (Cascade Books, 2010), 90–93.
  4. Voir en général Thomas Nauerth, Zeugnis, Liebe und Widerstand (Schoeningh Ferdinand, 2017) ; Randall, A Christian Peace Experiment ; E. C. H. Arnold, « The Fate of a Christian Experiment », in The Spectator (11 juin 1937), 11–12.
  5. Bob and Shirley Wagoner, Community in Paraguay (Plough, 1991).
  6. Voir en général Michael W. McConnell, « The Origins and Historical Understanding of Free Exercise of Religion », Harvard Law Review 103:7 (1990), 1409–1517; Mark L. Rienzi, « The Constitutional Right Not to Kill », Emory Law Review 62 (2012), 121–178.
Presenté par

Scott Button, membre du Bruderhof, vit à Rifton, New York, avec sa femme et ses deux enfants. Il est l'avocat général associé du Bruderhof.

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