green and blue

Le ruisseau bloqué

par Walter Hüssy

3 Commentaires
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  • KOUAKOU kOUASSI

    Très belle histoire pour une évangélisation. Je suis fier de vous et attend encore d'autres histoires. Que le Seigneur vous bénisse!

  • Richard

    C'est une très belle histoire qui fait écho au glorieux message de l'Evangile...ça me parle sur beaucoup de points. Merci pour le partage.

  • yameogo paul

    Vos documents sont riches et nous aident spirituellement. Que Dieu vous bénisse!

Il était une fois une belle vallée entourée de hautes montagnes. De ces montagnes coulait une rivière, limpide comme du cristal, qui arrosait la vallée et la fit fructifier. Elle était belle comme le Paradis. Une paix et harmonie profonde envahirent la vallée et ses habitants. Ils vécurent ensemble joyeusement et avec un grand amour l’un envers l’autre. Nul ne gardait quoi que ce soit pour lui-même, mais tout était partagé, en reconnaissance envers le Créateur. Ces gens adorèrent Dieu, car leurs cœurs heureux savaient que Dieu leur avait donné tous ces dons bons et glorieux — en fait, la vie même. Le travail fut comme un jeu pour eux, parce qu’ils étaient comme des enfants et savaient célébrer avec des danses, des chants et des jeux.

Cette vie agréable dura des centaines d’années. Personne dans la vallée n’était ni mécontent, ni souhaitait quelque chose de plus, ou de différent. Dieu, leur Père, ne leur avait rien défendu. Les gens ne furent inspirés que par l’amour, ce qui était la richesse de leur vie. Une seule mise en garde leur avait été donnée par un vieux sage, un commandement que Dieu avait donné à leurs ancêtres. Ils furent défendus de ne jamais percer dans les montagnes autour d’eux, ni de creuser dans la terre, de peur qu’un grand malheur vienne sur toute la vallée. Et en effet, personne dans la vallée n’avait jamais pensé à faire une chose pareille. Pourquoi devraient-ils pénétrer dans les ténèbres de la terre ? C’était très agréable sous le soleil glorieux, car le soleil ne brûla point, ni ne dessécha, mais envoya seulement des rayons doux et chauds sur la terre afin que les hommes s’en réjouissent.

Un jour, un homme grand et maigre apparut. Il fut vêtu d’un manteau noir et vint d’une vallée distante. Ses yeux fougueux et nerveux trahissaient son attitude agitée lorsqu’il errait dans la vallée. Les gens s’étonnèrent de sa façon étrange de demeurer seul, sans frères et sœurs. Les plus vieux lui demandèrent d’où il venait et où il allait, et il leur révélait ce qu’il envisagea. Des esprits mystérieux lui avaient dit qu’il y avait de l’or et des diamants dans ces montagnes. Cependant il eut besoin de l’aide et de la permission des habitants de la vallée afin de creuser pour ces trésors. En retour, ils en recevraient les trois quarts. Les habitants de la vallée lui répondirent qu’ils n’en avaient point besoin ; ils avaient tout en abondance. Ils se souvenaient aussi de l’avertissement ancien qui leur défendait de percer dans la montagne. En outre, le peuple dit à l’étranger, « Si vous ne voulez pas vivre avec nous comme un frère, vous pouvez retourner là d’où vous êtes venu ». L’homme mystérieux s’en alla, très en colère contre l’ignorance du peuple.

Les années passèrent, et l’étranger sinistre revint à la vallée. Cette fois, il apporta avec lui de l’or et quelques diamants. Il pensait que le peuple changerait sûrement d’avis et consentirait à ses desseins s’ils voyaient l’or brillant et les diamants limpides et s’il leur expliquait ce que ces trésors pourraient acheter.

Les simples villageois lui demandèrent de nouveau s’il était venu pour vivre parmi eux. Il secoua la tête et répéta ses désirs. Il leur montra l’or brillant et les diamants étincelants. Une lueur secrète apparaissait dans les yeux de quelques-uns des jeunes hommes. Néanmoins, l’homme dût repartir sans avoir rien accompli. Les gens restèrent fermes dans leur refus, et, bien qu’il leur promit qu’ils pourraient acheter d’autres vallées fertiles et mêmes des pays entiers, ses arguments ne lui servirent à rien.

Une autre année s’écoula et l’homme étrange apparut de nouveau. Cette fois, il réussit dans son dessein. Beaucoup des vieux sages furent morts. Parmi les jeunes il y avait quelques-uns qui, tout au long de l’année, n’avaient pas pu oublier l’or ou les diamants. Ils avaient commencé à faire des plans entre eux, et leur avarice avait augmenté. Les discours persuasifs de l’homme mystérieux ajoutaient à leur avarice de sorte que de plus en plus d’entre eux devinrent mécontents ; ils estimèrent finalement qu’il y avait quelque chose qui était plus précieux que la joie, l’amour, et la camaraderie dont ils jouissaient. Ils pensaient aussi que le malheur qui avait été prophétisé ne serait pas si mal.

Et ils perçaient dans la plus proche des montagnes. Une grande quantité de diamants en or fut découverte. L’étranger prit sa part, et les gens de la vallée entassaient tout ce qui leur appartenait dans des dépôts. Plusieurs années passèrent, jusqu’à ce que la montagne fût enfin largement trouée d’un côté et des couches de roches immenses restèrent sur une pente raide.

Le jour de la catastrophe vint d’un coup et sans avertissement. La façade de la montagne exposée à la vallée commença à glisser. De fort grands blocs se dégageaient. Ils glissaient, plongeaient, roulaient et sautillaient dans la vallée. Ce fut si inattendu qu’il n’y avait pas de moyen à s’en échapper. Il semblait que toute la vallée serait couverte et tout le peuple détruit. A la fin, la masse entière de la montagne s’arrêta tout près du grand village. Le peuple respira. Il semblait que, pour le moment, la grande catastrophe leur avait été évitée.

Cependant, un grand malheur arriva. Le ruisseau de la montagne fut bloqué et l’eau glorieuse ne coulait plus dans la vallée. La terre n’était plus fructueuse. Des chardons et épines poussaient et augmentaient le travail ardu. Le soleil grillait et brûlait. Le peuple n’avait plus ni paix ni harmonie. Leurs cœurs étaient froids, et bientôt chacun ne se souciait que de lui-même, amassant de l’or et essayant d’en accumuler d’avantage. Nombreux étaient ceux qui secrètement désiraient retrouver la vie d’autrefois, mais bien que ce désir secret vécût dans beaucoup de cœurs, la plupart des gens se détournèrent de Dieu. La discorde, les dissensions, et la jalousie demeuraient dans leur cœur ; le péché et l’injustice augmentaient.

Il y avait un jeune homme qui avait grandi au milieu d’eux. Il eut dans son cœur un grand désir de retrouver la paix et la joie qui régnaient jadis dans cette vallée. Il recherchait beaucoup dans les anciens écrits et menait une vie très pieuse et tranquille, en priant souvent à Dieu. Dieu lui donna une grande sagesse et la lumière de la victoire brûlait dans son cœur. Ce jeune homme voulait exposer le manque d’amour et l’injustice des villageois afin de les inciter à chercher de nouveau la vraie vie. De telles personnes, en général, embarrassent beaucoup leurs semblables, et de ce fait elles sont haïes, méprisées et persécutées. Ce fut ainsi chez ce jeune homme aussi. Mais il ne ralentit pas dans sa lutte, car tout son désir et lutte furent visés à une libération de son peuple de la misère intérieure et extérieure qui les entourait. La masse ancienne de la montagne restait toujours à travers le ruisseau, comme un jugement lourd, et l’eau glorieuse fut toujours bloquée.

Une nuit, le jeune homme avait un rêve. Il rêvait que Dieu lui montra le rocher particulier qui entravait l’eau. Pour relever ce bloc, il fallait être prêt à renoncer à sa vie et être enterré en dessous.

Donc, par amour pour la rédemption du peuple, il souleva le rocher et, étant enseveli, il mourut. Immédiatement l’eau vive éclata et arrosait la terre de la vallée comme autrefois. L’ancienne vie de fécondité et prospérité fut restaurée dans la vallée, le cœur du peuple fut allégé, et l’amour s’enflamma de nouveau dans chacun d’eux. Ils étaient tous unis une fois de plus comme une grande famille sous la protection paternelle de l’amour de Dieu.

Grâce au pouvoir de la montée d’eau vive, le jeune héros fut éveillé à une vie nouvelle, et à partir de ce moment, il était le chef et pasteur de son peuple. Ils furent libérés de l’or, des diamants, et de toutes choses inutiles. Toute personne qui cherchait et buvait l’eau de cette vallée devint une avec la grande famille de ce peuple nouveau. L’amour pur fut l’accomplissement de leur vie. Toute la campagne fleurissait dans la beauté du Paradis, et la terre donna mille fois du fruit.

a stream in the woods
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