Morning over the bay

Ceux qui nient Dieu

par Oscar Romero

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  • dao

    Je suis très très content de vous decouvrir avec ces livres tres interessants qu'on ne peut trouvé chez nous au Mali que tres rarement. Meme quand on a les moyens de payer le livre n'est pas disponible.Merci de tout coeur que le Seigneur continue de vous benir mes chers freres et soeurs AMEN

« On désigne sous le nom d’athéisme des phénomènes très divers entre eux. » C’est une phrase du concile Vatican II suivie d’une présentation des atti­tudes face au phénomène religieux : « Tandis que certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affir­mer de lui. » D’autres encore, se réclamant de la science, prétendent que celle-ci explique tout ou ne reconnaissent aucune vérité comme définitive. Enfin, « certains font un tel cas de l’homme que la foi en Dieu s’en trouve comme viciée de sens, plus préoccu­pés qu’ils sont, semble-t-il, d’affirmer l’homme que de nier Dieu (footnote) ». A un tel athéisme correspond logiquement un rejet systématique des valeurs transcen­dantales qui nourrissent l’espérance des chrétiens.

Ce rejet, explique le Concile (footnote), veut que la reli­gion, de par sa nature même, soit un obstacle à la libération économique et sociale de l’homme dans la mesure où, en orientant l’esprit humain vers une vie future illusoire, elle détournerait l’homme de l’effort d’édification de la cité terrestre.

Aussi, quand les tenants d’une telle doctrine par­viennent aux commandes politiques de l’État, s’en prennent-ils violemment à la religion en utilisant, pour la diffusion de l’athéisme, surtout auprès de la jeunesse, tous les moyens de pression à la disposition des pouvoirs publics.

L’Église ne le sait que trop, en théorie et en prati­que. C’est pourquoi il est ridicule de dire que l’Église est devenue marxiste. Si le matérialisme marxiste tue le sens de la transcendance que porte l’Église, une Église marxiste n’est pas seulement synonyme de suicide, mais aussi et d’abord de stupidité.

​Il y a un autre « athéisme », plus proche de nous et plus dangereux pour notre Église : l’athéisme du capitalisme, en vertu duquel les biens matériels sont érigés en idoles et prennent la place de Dieu.
Il y a un autre « athéisme », plus proche de nous et plus dangereux pour notre Église : l’athéisme du capitalisme, en vertu duquel les biens matériels sont érigés en idoles et prennent la place de Dieu. Voici ce qu’en dit le Concile : « L’athéisme naît souvent(footnote) [...] du fait que l’on attribue à tort à certains biens(footnote) humains un tel caractère d’absolu qu’on en vient à les prendre pour Dieu. La civilisation moderne elle- même, non certes par son essence même, mais parce qu’elle se trouve trop engagée dans les réalités terrestres, peut rendre souvent plus difficile l’approche de Dieu. (footnote)»

Chez nous, un capitalisme idolâtrant l’argent et les « biens humains’ » est aussi dangereux que l’autre, peut-être même plus dangereux que celui-là qu’on affuble de tous les maux. Qu’est-ce qui est le plus grave : nier Dieu au nom d’une fausse idée de la libération de l’homme, ou nier Dieu à cause d’un égoïsme porté jusqu’à l’idolâtrie ? Qui est le plus hypocrite : celui qui croit en ce monde au point de refuser ouvertement la transcendance, ou celui qui se sert de la transcendance et du religieux pour justifier son idolâtrie des choses de la terre ?

Voilà les deux athéismes. Aucun n’est la vérité qu’enseigne si merveilleusement l’Église de l’Évan­gile : « L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans la vocation de l’homme à communier avec Dieu. »


Source: L’amour vainqueur

apostasia
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Note

  1. Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps, n° 19.
  2. Ibid., n° 20.
  3. Ibid.
  4. Dans la version française officielle du texte conciliaire, c’est le mot « idéaux » et non pas « biens » qui est utilisé (N.d.T.).
  5. Ibid.
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