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Le Mendiant Sourd et Aveugle

par Sœur Marguerite, Communauté de Grandchamp

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Un mendiant sourd et aveugle était assis au bord de la rou­te. Il mendiait de la lumière et personne ne lui en donnait.

Jésus passant par là le regarda et l’aima. Il le prit par la main et le conduisit dans sa demeure. Le mendiant suivait avec confiance, mais il ne savait pas que c’était le Christ. Il entra, mais il ne savait pas qu’il était dans la maison du Christ.

Jésus l’installa dans une petite chambre obscure où atten­daient tous les hôtes. Il mit dans sa main droite une Bible et dans sa main gauche une lampe. Son visage était dans l’ombre et personne ne prenait garde à lui. Mais la Bible était éclairée, tous ceux qui venaient chercher le Christ s’ar­rêtaient et, à la lueur de la petite lampe, ils lisaient la Bible et trouvaient la lumière.

Chaque matin le Christ venait lui-même mettre l’huile dans la lampe et bénir le mendiant, mais il ne lui parlait jamais. Le mendiant savait bien que la flamme brûlait tou­jours dans la lampe et que chaque matin son espérance était renouvelée, mais il ne savait pas que c’était le Christ qui passait. Sans cesse il priait pour les hôtes parce qu’il les aimait. Il savait qu’il leur transmettait la lumière qu’il ne voyait pas, et son cœur était paisible.

Matin et soir il s’unissait aux autres serviteurs du Maître qui chantaient les louanges du Seigneur. Il chantait inté­rieurement son adoration, mais il ne savait pas que le Christ était au milieu d’eux.

Il vécut ainsi jusqu’à sa blanche vieillesse. Un soir, sen­tant ses forces le quitter, il s’étendit par terre, posa la Bible sur sa poitrine et la petite lampe dessus. Sa main droite res­ta posée sur la Bible et sa main gauche tenait encore la lampe.

Jésus entra, il soutint la tête du mendiant dans ses mains - le mendiant ne savait pas que sa tête reposait dans les mains du Christ, mais son âme était en paix, et il s’endor­mit dans le Seigneur.

Pour la première fois son visage était éclairé, ses yeux grands ouverts comme voyant Celui qui est invisible. Le Christ recueillit son âme et la porta au Père. «C’est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle en peu de choses, je t’en confierai beaucoup. Entre dans la joie de ton Maî­tre.»

Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.


Sœur Marguerite, Du Grain à l’Epi, Communauté de Grandchamp / Editions Ouvertures, 1995.

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