children dancing at the Alm Bruderhof

Vers l'Unité

par Eberhard Arnold

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En général lorsqu'on parle des relations entre les hommes, on en parle en termes d'émotion, de volonté et de sentiments. On découvre la communauté dans une expérience émotive ou dans un effort de notre propre volonté vers l'unité, ou enfin dans un accord intellectuel.

Nous voulons aujourd'hui indiquer une voie tout à fait différente, sans pour cela diminuer ou mépriser les autres moyens mentionnés. Aussi longtemps que nous restons humains, il faut nous servir de ces moyens.

Nous disons qu'il y a une voie toute à fait différente, qui comprend le réel et l'essentiel de ces moyens mentionnés, et qui est pourtant d'une toute autre nature.

Si nos relations sont limitées au plan horizontal – si nous recherchons l'unité seulement à notre propre niveau, c'est-à-dire directement d'une personne à l'autre, pour trouver l'unité et la compréhension entre nous et notre prochain seulement – nous pouvons certainement passer des heures inspirées, mais il ne nous restera rien de fondamental. Car nous sommes pour ainsi dire suspendus comme les nuages qui circulent autour de la terre; nous ne pénétrons pas dans les dernières profondeurs et nous ne sommes pas visités des hauts lieux. Notre rapport ne doit pas seulement être un rapport d'une personne à l'autre. Aussi longtemps que nous nous connaissons ainsi seulement, nous restons suspendus, nous n'avons pas de racines et nous ne pouvons pas grandir.

Mais si nos rapports humains ont leur origine dans les hauts lieux et si nous recherchons l'union sur le plan vertical de la profondeur vers les hauts lieux, alors tout devient différent. Nous pouvons alors voir et connaître, goûter et apprendre comment ces efforts de notre volonté, ces expériences émotives, sont assujetties aux effets de la lumière et du pouvoir qui détruit tout ce qui ne peut subsister dans le feu de la vérité éternelle, qui embrase tout ce qui désire ardemment être flamme et lumière. La prière et le désir pour une vraie communauté s'élèvent comme une flamme, les mains et les bras embrasés de notre cœur sont tendus vers les hauts lieux, pour que la flamme de l'autel du sacrifice, du désir ardent et de la nostalgie soient exaucés en vertu de l'éclair venu d'en haut et grâce au feu descendu des cieux. La flamme ardente qui s'élève ainsi s'unit avec l'éclair de la flamme la plus élevée, et notre flamme est purifiée de tout ce qui est suie, fumée et obscurité.

Parce que la flamme qui vient de l'autre monde nous embrase, nous pouvons dire que s'entendre avec notre prochain n'est pas suffisant; ce n'est pas assez d'avoir un but commun, des affinités mutuelles. Au contraire, nous ressentons que quelque chose d'autre doit pénétrer en nous, qui nous élève au-delà du niveau purement humain, qui remplit la sphère humaine avec les forces d'un monde entièrement différent. De même que les rayons du soleil éclairent constamment la terre et que l'éclair nous apporte la lumière et le feu, de même un élément doit venir vers nous qui n'a pas son origine en nous-mêmes, ni en nos pensées, ni en nos sentiments les plus élevés, ni en nos qualités, ni en ce qu'il y a de plus sacré en nous-mêmes ou de plus noble dans notre caractère.

Nous est-il possible de créer, uniquement au travers de l'Esprit-Saint, une unité de conscience entre nous qui nous apporte l'accord total de nos pensées, de notre volonté, et de nos émotions. De même qu'une personne est une unité de conscience en elle-même, l'Esprit crée une unité de conscience parmi ceux qui le reçoivent; alors la personne individuelle n'est plus qu'une cellule appartenant à l'organisme vivant de cette unité consciente de l'Esprit.


Image: Bruderhof

A black and white photograph showing a large group of people standing in a circle.
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Presenté par Eberhard Arnold Eberhard Arnold

Eberhard Arnold (1883-1935), théologien, éducateur et écrivain allemand, fut le fondateur des communautés Bruderhof.

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