Children in Tajikistan

Le Sauveur et des enfants

par Jean-Christophe Blumhardt

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« Certaines personnes sont venues lui apporter les petits enfants pour qu'il les touche. Les disciples les réprimandaient. Quand Jésus a vu cela, il s'était indigné et leur a dit : "Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point." Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains. » (Marc 10.13-16)

Aujourd'hui, nous nous rappelons de l'attitude de Jésus envers les petits enfants, comment il les regardait et se sentait attiré vers eux. On pourrait dire que, du fait qu'il était une fois un enfant lui-même, il avait une vive sensibilité aux enfants ; et du fait qu'il est resté un enfant et conservait son esprit enfantin, il avait un profond amour, de la tendresse et de l'affection pour eux. C'est un fait encore de nos jours qu'une personne qui a cessé d'être un enfant lui-même ne supporte pas les enfants ; il les renvoie et n'a pas besoin d'eux. Mais si même une trace de l'esprit enfantin reste dans le cœur d'une personne, il se sent attiré aux enfants ; il les caresse et les étreint — en un mot, il est heureux d'être avec eux.

Alors, nous connaissons cette histoire qui montre Jésus comme l'ami des petits enfants. Il parlait et faisait toujours des choses sérieuses : il était occupé avec les indigents, les malheureux, les malades et les pauvres ; et à eux tous, il était un véritable ami et merveilleux Sauveur. Les bébés, aussi, sont sans ressources et dépendent sur d'autres personnes ; ils ne peuvent ni se défendre ni faire quoi que ce soit pour eux-mêmes. Les enfants sont des créatures impuissantes — plus ils sont petits, plus ils sont impuissants. Ainsi, nous pouvons prendre pour acquis que Jésus n'aurait pas montré une manière hautaine avec eux ou aurait dit, comme le font certains : « Je ne peux pas parler à ces enfants, ils sont beaucoup trop jeunes ! Ils devraient se rendre à leurs nourrices. A quoi sert-il de prendre du temps pour eux? J'ai besoin des adultes qui peuvent me comprendre et qui ont des cœurs que je peux atteindre. » Il n'aurait jamais pensé comme ça.

Marc nous raconte ici que des gens lui amenaient des petits enfants. Ceux-ci ont dû être les mères qui voulaient le meilleur pour leurs enfants, qui n'étaient heureuses que lorsque leurs enfants étaient heureux, des mères qui avaient déjà connu le Sauveur et avait été émues par lui, et qui avaient dû sentir dans leur cœur quelque chose de la bénédiction et le bien-être qui jaillissaient des paroles qu'elles l'entendirent prononcer. Leurs cœurs avaient dû être remplis de bonheur, et quand ces mères regardaient leurs petits, elles pensaient : « Pourquoi devraient-ils être moins heureux, être moins appréciés, que moi ? Méritent-ils moins de considération que moi ? Si seulement ils étaient aussi heureux que moi ! Si seulement ils auraient reçu la même bénédiction que moi et un Sauveur comme le mien ! » Ces mères n'étaient pas contentes de l'idée que leurs enfants soient moins proches de Jésus qu'elles-mêmes, ou moins importants à ses yeux. Il y a un désir naturel, mis par Dieu dans le cœur de chaque mère, à amener les enfants à Jésus, afin que les petits puissent recevoir de Lui la même bénédiction que leurs mères ont reçue.

Et maintenant ? Qu'est-ce qu'il fallait faire avec ces petits ? Certes, Jésus ne pouvait pas leur parler ; ils ne l'auraient pas compris. Il pouvait prononcer des mots d'encouragement pour eux ; il ne pouvait rien faire avec eux. Mais leurs mères savaient très bien ce que le Sauveur pouvait faire : Il pouvait les toucher ! La seule chose que nous pouvons faire avec les petits enfants est de les conduire par la main, les caresser, les bénir, ou les prendre dans nos bras et les bercer doucement — c'est tout ce que nous pouvons faire.

Les mères avaient vu de leurs propres yeux comment, quand il touchait les malades, ils ont été guéris, quand il a touché les yeux des aveugles, ils ont reçu la vue, quand il posa ses doigts sur le bout de la langue d'un homme muet, l'homme a pu parler, quand il a placé ses doigts dans les oreilles d'un sourd, l'homme était capable d'entendre. Elles peuvent avoir entendu parler de la femme qui se disait, « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. » (Marc 5.28) Elle l'a fait et elle a été guérie. Pas étonnant que les mères pensaient qu'il ne serait pas en vain si le Seigneur Jésus imposait ses mains sur leurs enfants. Son toucher transpercerait complètement leur corps, et une merveilleuse puissance de Dieu resterait sur eux afin de réveiller quelque chose dans leurs cœurs et semer en eux une graine de la force divine et de l'Esprit de Dieu en Jésus. Et cette graine protégerait chacun de ces petits et les protégerait au milieu des tentations de ce monde, jusqu'à la fin de leur vie.

Est-ce que ces mères avaient raison de penser comme ça ? Mais bien sûr que oui ! Elles avaient tout à fait raison ! J’aurais été heureux si le Sauveur avait touché mes enfants. Je suis sûr qu'un enfant sur qui la main du Sauveur s'était posée une fois ne pourrait jamais être perdu, car une semence divine demeurerait en cet enfant. Je suis sûr que le Seigneur aurait marqué cet enfant comme appartenant à lui pour toujours.

Peut-être les parents de certains de ces enfants étaient inquiets parce qu'ils étaient malades ou méchants. Nous savons comme les enfants sont souvent malades et maladive à mesure qu'ils grandissent, combien ils pleurent, combien de maladies et douleurs cachées ils doivent souffrir. Ils pleurent beaucoup et ne peuvent pas dire ce qu'ils ont, et les parents ne peuvent pas l'apprendre non plus. Dans de nombreux foyers il y a une grande tristesse. Rien n'est plus pénible que d'entendre un enfant qui pleure nuit et jour sans savoir comment l'aider. Parmi ceux qui étaient amenés à Jésus il se peut qu'il y ait des enfants qui souffraient terriblement, peut-être de quelque maladie évidente. Leurs parents pensaient que si les adultes pouvaient retrouver leur santé, est-ce que la même chose ne pourrait pas arriver chez ces pauvres petits bambins ? Ils étaient poussés à dire : « Aie pitié d'eux ; si tu peux faire quelque chose, aide nos chers enfants. » Surement, Il ne les aurait pas touchés en vain.

Comme ces enfants ont dû être bienheureux lorsque le Seigneur Jésus posait ses mains sur eux, et comme leurs mères ont dû être heureuses et joyeuses en les ramenant chez elles, sachant que dès lors elles n'avaient pas à s'inquiéter tellement de leurs enfants, mais qu'elles pourraient s'en réjouir.

Mais il y a d'autres enfants, les enfants qui sont têtus, querelleurs, irritables, désagréables, méchants, désobéissants, en colère, ou malveillants dès un âge précoce. Ceci aussi est terrible pour leurs parents. Et il peut arriver qu'aucune punition puisse aider, c'est à dire, s'ils sont assez âgés pour être punis ; au contraire, il y a une détérioration croissante. Plus ils sont punis, plus ils deviennent obstinés, boudeurs, et résistants. Ce genre de chose se produit fréquemment. Souvent la cause est un manque de sagesse et de compréhension de la part des parents. Ils font des histoires avec leurs enfants, les irritent de toutes les manières, attendent plus d'eux que leur nature sensible puisse donner ; ils exigent trop, ils sont trop rapides et trop sévères avec le bâton, et ont tendance à être sévères là où l'enfant est aussi innocent qu'un agneau. Les parents qui sont impatients avec leurs enfants les giflent quoiqu'ils en fassent. Ensuite, les enfants commencent à pleurer et finissent par devenir insupportables, ou doit-on dire, ils se fâchent et deviennent malheureux. Dans cette atmosphère malheureuse, ces enfants sont sottement brisés et blessés au point de ne plus savoir où ils sont. Ils deviennent très malheureux à cause de l'insensibilité des adultes. Les parents ne sont même pas les pires. Les enseignants et les nourrices vont souvent beaucoup trop loin ; ils harcèlent et tourment les enfants, surtout quand ils sont seuls avec eux, et le résultat est un enfant dès l'âge de deux ou trois qui va, on dirait, se transformer en un démon.

Et puis, il y a des gens qui sont assez imprudents pour forcer les enfants à prier. L'enfant doit écouter des paroles qui lui sont répétées pendant quinze ou trente minutes, et il s'ennuie. Mais malheur à lui s'il dit, « je ne veux pas prier. » Il ne veut pas être insolent ; il ne peut tout simplement pas le faire, il ne peut pas le supporter. Pourtant, il y a des parents qui poussent leurs enfants presque à la folie avec leurs prières. Ces choses-là engendrent un comportement qui est tordu, violent, et rebelle, et ce, à son tour rend malheureux ces pauvres parents insensés. Dans ces cas, on a besoin d'une grande sagesse et illumination qui aide souvent.

Il y a des moments, aussi, quand un enfant est comme possédé par un esprit mauvais ou au moins comme si un esprit mauvais agissait en lui, le rendant tenace et résistant. Il ne peut pas s'empêcher d'être furieux, il ne peut s'empêcher d'être désobéissant, insupportable, et querelleur. Il hurle et pique une colère. Quand un enfant est dans un tel état qu'il retient son souffle et on pense qu'il va s'étouffer, il ne peut pas s'en empêcher. Ce n'est pas difficile de voir que quelque chose cloche avec cet enfant, et le pire qu'on puisse faire est d'appliquer le bâton. Lorsque cela se produit, nous devons être doux et nous soumettre au Seigneur, en levant les yeux vers lui et en plaidant : « Seigneur, aie pitié et viens en aide ! »

Vous voyez, on a probablement amené des enfants comme ceux-ci au Sauveur aussi. Alors le Diable a dû se retirer, les puissances des ténèbres ont dû céder ; les enfants se sentaient bien et sont devenus libres, et tout d'un coup, ils étaient très différents, tout d'un coup leurs problèmes avaient disparu. Sûrement, c'est ce que beaucoup de mères ont expérimenté avec leurs jeunes enfants quand elles les ont amenés au Sauveur. C'est ce genre de préoccupation qui les a poussées à lui amener leurs enfants, et ce n'était sûrement pas en vain. Dès ce moment, la puissance dynamique de la bénédiction de Dieu aura travaillé chez les enfants, au lieu des puissances obscures. Les mères s'attendaient à toutes ces choses par un toucher des mains du Sauveur sur leurs petits.

Mais maintenant la question demeure, comment vont-ils se rendre au Seigneur ? Car il était toujours entouré de gens, il y avait toujours une foule autour de lui. Des adultes en larmes, pas seulement des enfants en larmes, mais des personnes dans toutes sortes de difficultés, se pressaient autour de lui, des gens avec les cœurs lourds. Et en plus de ça, les mères venaient avec leurs enfants qui hurlaient ! Oh, vous, chères mamans ! Les disciples les ont vu venir et les ont réprimandés : « Qu'est-ce que vous faites ici avec vos enfants ? Pourquoi ne pas les garder à la maison ! Qui est-ce qui a du temps pour vos enfants ? Regardez tous ces gens qui poussent, et maintenant vous venez déranger le Seigneur ! » — quelle que soit leur façon de le dire, poliment ou grossièrement, ils leur ont simplement dit de s'en aller. Or, nous savons tous qu'il y a des gens sans cœur, des gens qui n'ont pas d'affection pour un enfant quand ils le voient. Alors ne laissons-nous pas traiter les disciples avec trop de sévérité. Mais ils doivent avoir été désagréables, sinon il ne serait pas dit que le Seigneur était indigné. Et nous voulons le prendre à cœur et faire très attention de ne pas traiter les petits enfants, qui d'une manière spéciale appartiennent au Seigneur Jésus, d'une façon froide et insensible ou en les méprisant. En outre, il n'y a rien de plus douloureux pour une mère que de sentir que son enfant est méprisé ; c'est comme un couteau qui perce son cœur. Les petits ne le sentent pas tout à fait comme leurs parents, mais les parents sont profondément blessés. Rien n'est plus écrasant pour un cœur de mère que de savoir que ses enfants sont méprisés, maltraités ou écartés. Une mère n'a pas de plus grand trésor sur la terre que ses enfants ; elle renoncerait à tout ce qu'elle a, sa maison, son argent, ses champs, tout, pour le bien de ses enfants. Elle sauterait dans le feu une centaine de fois pour arracher son enfant des flammes. C'est pourquoi cela fait si mal d'être insulté à cause de son enfant. Le Seigneur a également ressenti la douleur dans son cœur ; dans ce cas il l'a senti plus vivement que les mères, qui avaient, en un sens, l'habitude de voir leurs enfants traités de cette façon. Mais le Seigneur Jésus a ressenti la douleur que nous lui causons même aujourd'hui, encore et encore, quand nous sommes froids et durs envers les enfants. Plus d'un homme revoit à la fin de sa vie tous ses péchés — tous, sauf ceux qui étaient commis contre les enfants d'une manière qui n'était pas paternel ou maternel, mais tyrannique et même diabolique ; il est important de se rappeler que de telles actions ne sont pas si vite effacées du Livre de nos péchés.

Parfois je suis dans un dilemme lorsque, dans des conversations ou des lettres, j'entends parler des gens dont les consciences sont frappées parce qu'ils ont péché contre les enfants de telle sorte que la piqûre du péché a été réveillée chez ces enfants. Un homme peut être incapable de trouver la paix, parce qu'il se sent qu'il a enseigné quelque chose à un enfant qui pourrait mener à sa damnation : il l'a trompé et corrompu, et l'a fait connaître le péché. C’est une lutte pour la conscience de l'homme à trouver la paix. Je le trouve souvent difficile de savoir comment le consoler. Je suis convaincu, cependant, et je l'ai vu, que notre Sauveur clément produit des miracles dans des gens qui éprouvent un tel besoin, s'ils se repentent à fond. Je ne voulais pas négliger cet aspect, puisque nous parlons des enfants d'aujourd'hui.

Nous les adultes pouvons bien dire : « Ah, que nous puissions redevenir des enfants ! » Car celui qui n'est pas un enfant ne peut entrer dans le Royaume des Cieux. « Quiconque ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point. » (Marc 10.15) Malgré tous nos efforts de redevenir des enfants, nous en semblons incapables ; nous sommes trop loin de là. Et qui est le plus éloigné de l’esprit enfantin ? La personne indépendante. Quand un enfant n'a plus besoin de père ou de mère, il cesse d'être un enfant ; quand un enfant n'a pas besoin d'un ami, un assistant, un gardien, il n'est plus un enfant. En d'autres termes, quand nous n'écoutons plus personne, n'acceptons plus rien, ne sommes plus en mesure de nous faire des amis, quand nous n'avons pas besoin d'un Sauveur et pensons que nous puissions nous cheminer au ciel sur les deux pieds ; quand nous devenons indépendants et ne voulons plus obéir à personne, quand nous avons perdu notre flexibilité, notre égard aux personnes âgées, notre modestie, notre chaleur de cœur, puis nous ne sommes plus des enfants. Un enfant est une personne qui a besoin de ses parents ; celui qui ne veut ni père ni mère n'est plus un enfant. Nous devrions en tout temps avoir l'attitude que nous avons besoin d'un père et une mère.

Et maintenant pour terminer : « Puis Il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains. » (Marc 10:16) Quel moment mémorable ! Des puissances d'en haut, les pouvoirs de Dieu, débordaient et se déversaient sur ces enfants.

Que nous tous et tous ceux que nous rencontrons, en particulier les enfants, reçoivent l'Esprit et la puissance d'en haut, afin que nous puissions avoir la vie éternelle ! Amen.

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Presenté par Johann Christoph Blumhardt Jean-Christophe Blumhardt

Blumhardt père (1805-1880) fit des études pour devenir pasteur. Il fut, pendant une courte période, responsable d'une organisation missionnaire puis devint pasteur à Möttlingen, un village au sud de l'Allemagne.

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