My Account Sign Out
My Account
    View Cart

    Subtotal: $

    Checkout
    dark brown bread and jug and basket

    Servir en Christ

    Are we serving Jesus as a slave, as a mercenary, or as a friend?

    par François Caudwell

    vendredi, le 7 avril 2017

    Autres langues: English

    3 Commentaires
    3 Commentaires
    3 Commentaires
      Envoyer
    • KPOGHOMOU

      Je veux lire tous les jours les livres du pasteur

    • chasseur

      Merci François de nous montrer le Christ.

    • tabi mvogo

      J'ai trouvé sa tres bien

    Notre société a inversé la signification de la naissance de Jésus, dans laquelle les riches, les nantis, avec tous les profiteurs sont devenus rois. Jésus s’était fait pauvre parmi les pauvres, au service de tous les hommes que Dieu aime. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, qui est venu parmi nous non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie. L’apôtre Paul va encore plus loin en chantant l’anéantissement du Seigneur, le renoncement à toute sa puissance, qui « s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur… Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix » (Ph 2.7-8).

    La révélation de la proximité de Dieu dans le monde, dans l’amour et dans le service, qui fonde notre foi chrétienne, nous interdit de nous détourner du monde. Au contraire, elle nous y plonge, avec le Christ. Le service de nos frères nous fait ressembler au Christ. Mieux encore : notre union au Christ nous met au service de nos frères.

    L’Evangile de Jean nous montre en Jésus le service de Dieu au cœur du monde, à travers un geste révélateur du dépouillement du Fils de Dieu : Lui qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’à l’extrême (Jn 13.1). Celui qui s’incline devant ses disciples pour leur laver les pieds est bien Celui auquel le Père a remis toutes choses entre ses mains, qui est sorti de Dieu et qui va vers Dieu (Jn 13.3). L’amour serviteur du Fils se révèle ici dans les gestes les plus simples de la vie domestique : le repas, l’accueil, la toilette…

    Un serviteur n’est pas plus grand que son maître (Jn 13.16), dit Jésus. Disciples de Jésus, notre regard sur le monde, sur la société, sur les autres – y compris sur ceux qui ont les pieds sales, et même sur ceux qui nous veulent du mal (cf. Jn 13.11) – peut se transformer pour devenir le regard de Jésus. Notre vocation est de servir nos frères en humanité en suivant ses pas.

    Ce peut devenir un sujet d’étonnement pour ceux qui nous verront à l’œuvre. Comme Pierre : Toi, Seigneur, me laver les pieds ! (Jn 13.6) Mais c’est justement de ce genre d’étonnement dont notre société a besoin. Avec Jésus, nous ne sommes pas là pour condamner le monde, mais pour le sauver (Jn 12.47) par notre témoignage et notre service.

    Nous pouvons changer la vision que nos contemporains ont de l’Eglise et des chrétiens. Jésus a bien changé le regard que ses compagnons portaient sur le Maître et le Seigneur (Jn 13.13) ! Suivre Jésus démasque la fausseté d’une Eglise riche, oppressante, proche des puissants, de leur pouvoir et de leurs armes, et révèle une communauté de serviteurs, simples et porteurs de la tendresse de Dieu. Vous êtes la lumière du monde (Mt 5.14), nous dit Jésus. Non pas en nous mettant en avant. Mais en habitant avec lui, humblement, les lieux obscurs, en portant la lumière du don et de la foi dans les ténèbres du désespoir, de l’égoïsme, de la violence…

    Le don pour les autres, l’oubli de soi pour se mettre au service, est un chemin de salut. C’est celui qui a conduit Jésus à la croix, juste après le lavement des pieds de ses disciples. Notre don ne sauve pas le monde ; cela, c’est le Christ qui l’a fait. Mais en révélant l’amour de Dieu à travers nos gestes et notre disponibilité, il fait découvrir le visage de Dieu et peut ouvrir les cœurs à la foi.

    C’est aussi un chemin de bonheur. Nous savons bien que l’amour rend heureux. Mais nous l’oublions parfois, quand il devient trop exigeant. Mettre ses capacités au service d’une œuvre ou d’une communauté chrétienne rend heureux. C’est Jésus qui nous le dit : Vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique (Jn 13.17).

    C’est enfin un sens qui est donné à l’existence. Jésus indique une direction pour notre vie, et pour celle de tous les humains : renoncer à soi-même dans le service en suivant ses pas, pour trouver la paix profonde. La paix intérieure ne se trouve pas dans des exercices respiratoires sur un canapé. Jésus ne nous la donne pas à la manière du monde (Jn 14.27). Il nous montre un chemin particulier pour la découvrir en plénitude : C’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi (Jn 13.15).

    Tout cela est vrai et beau. Cependant, nous en restons au domaine du faire, celui des œuvres. Les œuvres peuvent conduire au Christ ; vivre l’Evangile permet de rencontrer le Seigneur. Mais elles ne sont pas le Christ. Jésus nous amène à discerner dans le service un mystère encore plus grand.

    Que veut-il affirmer, quand il répond à Simon-Pierre : Celui qui s’est baigné n’a nul besoin d’être lavé, car il est entièrement pur : et vous, vous êtes purs (Jn 13.10) ?

    Il s’est passé, ou il se passera – c’est certain ! – quelque chose dans la vie de ses disciples, un changement profond, radical, de ce qu’ils sont, qui n’est pas sans rapport avec ce que l’eau peut exprimer. On trouve peut-être ici une allusion à l’eau du baptême. Parce que Dieu s’est fait serviteur en son Fils Jésus-Christ, notre relation avec le Seigneur passe du faire – la loi – à l’être – la vie en Christ. Nous ne nous mettons plus au service des autres pour être sauvés, mais c’est parce que nous sommes sauvés que nous pouvons nous mettre librement au service des autres. Le lavement des pieds annonce une réalité nouvelle, rendue possible grâce à la mort et à la résurrection de Jésus.

    C’est pourquoi nous allons partir sur l’autre rive. Le lavement des pieds précède la passion de Jésus. Nous allons maintenant le retrouver avec ses disciples après sa résurrection…

    Un service peut être envisagé de différentes manières. Voici ce qu’écrivait Basile de Césarée (329-379) :

    Je distingue trois dispositions différentes qui nous portent inévitablement à obéir : ou bien nous nous détournons du mal par crainte du châtiment, et nous sommes dans la disposition de l’esclave ; ou nous poursuivons l’appât de la récompense en accomplissant les commandements pour l’avantage que nous en retirons, et ainsi nous ressemblons aux mercenaires ; ou enfin c’est pour le bien lui-même et l’amour de Celui qui commande que nous obéissons, heureux d’avoir été trouvés dignes de servir un Dieu si glorieux et si bon, et nous sommes alors dans la disposition des enfants.

    La mort et la résurrection de Jésus nous font passer de la logique de l’esclave ou du mercenaire à celle de l’enfant ou de l’ami. Je ne vous appelle plus serviteurs, dit Jésus. Je vous appelle amis (Jn 15.15).

    Jusqu’alors Simon-Pierre avait suivi le Maître. Maintenant, encore à l’occasion d’un repas (Jn 21.15), Jésus lui fait comprendre la signification du service qu’il aura à assumer.

    Pierre a dramatiquement expérimenté la faiblesse de son obéissance et de ses résolutions en reniant publiquement Jésus à trois reprises. Le commandement, et la volonté de lui obéir, ne suffisent pas à changer le cœur des humains. Il faut autre chose : la présence de Jésus, sa vie nouvelle, l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné (Rm 5.5).

    Après la résurrection, après la victoire de Pâques, Pierre peut retrouver le regard de Jésus. Désormais, en suivant le Maître, il suivra aussi l’Ami. La croix du Seigneur a pardonné son péché ; la résurrection le libère de la crainte et lui offre l’assurance de la présence de Jésus, tous les jours jusqu’à la fin des temps (Mt 28.20). Une vie nouvelle s’ouvre devant lui, dans la communion avec le Christ.

    Pierre assumera un grand service : Pais mes agneaux… Sois le berger de mes brebis (Jn 21.15-16). Ce service des hommes et de l’Eglise se fonde sur une double déclaration d’amour. Celle de Jésus, qui est la plus forte, la plus réelle, la plus éclatante : elle s’est exprimée dans l’offrande de lui-même sur la croix, dans sa victoire sur la mort pour nous tous, dans le don de sa vie nouvelle. Il est là, pour Pierre, et rien ne pourra le séparer de son amour (Rm 8.39). Et puis celle de Pierre, répétée à trois reprises : Tu sais que je t’aime… Toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime (Jn 21.15-17). Trois fois comme pour effacer à jamais son triple reniement. Trois fois, pour exprimer aussi qu’il s’agit d’un amour définitif, sans retour en arrière possible. La triple répétition d’une parole, dans la Bible, marque l’emphase, l’insistance, le superlatif du superlatif.

    Là encore, le baptême semble faire une discrète apparition. Le baptême de l’Esprit, de la foi, de l’engagement libre et joyeux pour le Seigneur. Le baptême chrétien représente notre appropriation de ce qui s’est passé en notre faveur dans la Pâque du Seigneur. C’est le signe que nous sommes au bénéfice de la mort et de la résurrection de Jésus. Il nous est désormais possible de lui répondre : Seigneur, tu sais bien que je t’aime (v.16). Il nous est possible de le dire librement, parce qu’il nous a aimés le premier. (1 Jn 4.19)

    La réponse de l’amour à l’amour nous engage dans un service volontaire. Devenus amis du Seigneur, nous pouvons « paître ses brebis » (Jn 21.17) sans compter. C’est d’ailleurs ce que Jésus fait comprendre à son ami Simon-Pierre : Lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras les mains et c’est un autre qui nouera ta ceinture et qui te conduira là où tu ne voudrais pas (v.18).

    Donner sa vie au Seigneur et aux autres, c’est l’abandonner, avec des difficultés, voire une mort librement acceptées. Jésus ajoute au service de son disciple une dimension désagréable, qu’il connaît bien : celle du martyre. Vivre la vie du Christ, ce peut être prendre sa croix.

    Le service du prochain, quel qu’il soit, ne sera pas forcément reconnu comme tel par ceux auxquels il est destiné. Les exigences de l’Evangile vont souvent à l’encontre d’une nature humaine blessée par le péché et le mal qui règnent dans le monde. Le rejet du Christ, de sa parole, de son Eglise, reste d’actualité. L’amour du prochain peut recevoir la haine comme réponse.

    L’apôtre Paul offre un exemple de celui qui va de l’avant, en puisant ses forces dans la vérité et les promesses de l’Evangile qui ont bouleversé son existence. Rempli de l’amour du Seigneur et de zèle pour le témoignage, il peut déclarer : Si j’en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais plus serviteur du Christ (Ga 1.10).

    Il n’est pas possible de plaire à tous. Le chrétien doit savoir allier la joie du service et le rejet de la part de certains. Ce n’est pas facile, mais c’est aussi cela, vivre en Christ.

    Le Royaume de Dieu est déjà présent sur la terre depuis la venue de Jésus, à travers ceux qui continuent à suivre ses pas. Dans tous nos engagements, Jésus nous demande si nous l’aimons. Et il nous dit : Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi (v.15).


    Adaptation d’un message donné au comité cantonal de La Croix-Bleue neuchâteloise, à Couvet (CH), le 31 janvier 2015

    dark brown bread and jug and basket
    3 Commentaires